Deuxième dimanche de Pâques

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 24/04/22
Temps liturgique: Temps de Pâques
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Jésus ressuscité apparaît aux onze apôtres et il leur dit : « la paix soit avec vous ».  C’est le  même souhait que les Juifs comme les musulmans s’adressent aujourd’hui quand ils se rencontrent : c’est la shalom chez les Juifs et le salam aleikoum chez les musulmans.  Mais ici c’est un peu particulier.  C’est Jésus ressuscité qui apparaît.  Les apôtres sont terrifiés.  Ils se demandent si ce n’est pas un fantôme qui leur apparaît, un esprit qui revient du monde des morts et qui risquerait de les entraîner avec lui dans la destruction.  Jésus les rassure : la paix soit avec vous ! Mais les apôtres ne sont pas rassurés.  C’est Jésus qui est devant eux.  Or, si Jésus est mort sur la croix, c’est un peu de leur faute.  Ils l’ont abandonné.  Ils l’ont laissé entre les mains des pharisiens et de la foule.  Ils n’ont rien fait pour le sauver.  Ils ont peur que Jésus soit venu se venger de cette lâcheté.  Alors Jésus les rassure : il leur apporte la paix. 

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Deuxième dimanche de Pâques

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 24/04/22
Temps liturgique: Temps de Pâques
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

On a pour habitude de cacher sa souffrance, comme s'il y avait là quelque chose de honteux. Combien sont-ils ici qui pleurent une fois seuls ; combien sont-elles qui endurent des blessures sans rien dire ?

Touche mes plaies. « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté. » Le Christ n'a pas honte de sa Crucifixion. Le Ressuscité ne cache rien de ses souffrances. Il a pourtant été humilié, traité comme un moins que rien. Jésus ne cache pas ses blessures, au contraire, il les montre.

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Pâques

Auteur: Stéphane Braun
Date de rédaction: 17/04/22
Temps liturgique: Temps de Pâques
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

La fête de Pâques ! Pour les chrétiens, la fête de la résurrection du Christ, l’objet de notre foi, l’origine et le sens de notre appartenance.

Tous les récits de vie après la mort, d’éblouissement après la mort clinique, de flash à la sortie d’un tunnel, etc.… sont un peu passés de mode. Et pourtant, pour les chrétiens, cette vie après la mort est l’élément fondateur de leur foi, du sens de leur vie.

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Pâques

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 14/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Hier, dans la nuit pascale, nous avons médité sur la Résurrection.

Nous avons d’abord scruté les morts en nous : les deuils que nous portons : deuils des autres – les êtres chers dont la présence nous manque – deuils de nous-même – ces vies rêvées, ou simplement envisagées, que nous n’avons pas eues, toutes les blessures et les méchancetés que nous avons subies et qui nous ont changés.

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Vigile pascale

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 16/04/22
Temps liturgique: Triduum pascal
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Il y a toutes sortes de morts en nous. Il y a bien sûr les deuils que nous portons, ces êtres chers dont la présence nous manque. Il y a aussi les deuils que nous avons dû faire de nous-mêmes, tous ces espoirs que nous avions et auxquels nous avons dû renoncer, toutes ces vies rêvées, ou simplement envisagées, que nous n’avons pas eues. Il y a aussi toutes les blessures, les méchancetés, les indifférences, les humiliations que nous avons subies et qui nous ont changés. Il y a aussi quelque part Dieu qui est mort en nous, à l’image de cette spontanéité d’aimer que nous avions tous enfant. Aujourd’hui, nous sommes plus méfiants voire endurcis.

Il y a encore d’autres morts en nous : ce qui nous fait honte, le mal que nous avons fait, les pensées méprisantes, nos jugements qui condamnent. Tout ce qui, petit à petit, met à mort la personne juste et aimante que nous voudrions être.

Certaines personnes sont tellement confrontées à la mort, notamment par la perte d’un enfant, qu’elles finissent par perdre la foi. La foi en elles-mêmes, la foi en l’humanité, la foi en la vie, la foi en l’amour, la foi en Dieu. C’était le cas de Mère Teresa, qui confessait à Jean-Paul II ne plus voir Dieu à force d’avoir enterré des morts. Elle disait mentir sur sa foi avec son sourire.

Qu’est-ce que la Résurrection ?

Bien sûr, on pourra toujours dire que nos grand-parents, nos parents défunts continuent à vivre en nous, à travers l’amour que nous continuons à leur porter ; on pourra penser que nous incarnons, à notre tour, tout ce qu’ils nous ont transmis : des valeurs, un esprit, une manière de vivre et d’aimer. Au fond, ça rejoint l’ancienne croyance qui voulait que, pour que quelqu’un vive éternellement, il suffisait que l’on se souvienne perpétuellement de lui et rende hommage à son nom. A tel point que, dans l’Égypte ancienne, lorsqu’on voulait damner quelqu’un, on effaçait simplement son nom de tous les monuments, pour en perdre la mémoire ou à Rome, le Sénat pouvait condamner à la damnatio memoriae, à l’effacement d’un nom de toutes les archives.

Et peut-être nous-même cela nous suffirait-il : qu’au-delà de la mort, on se souvienne simplement de nous avec amour, affection et tendresse ? Mais ça ne suffit pas à expliquer la Résurrection des corps. Que la mémoire de quelqu’un ressuscite lorsque l’on pense à lui, nous le concevons fort bien. Mais les corps ?

D’autant que les Évangiles ne sont pas très explicites à ce sujet. Ils insistent même pour affirmer que les disciples peinent à reconnaître Jésus ressuscité. Pour Marie-Madeleine, il faudra qu’il l’appelle par son prénom, pour d’autres il faudra qu’il partage du pain, pour les disciples d’Emmaüs, il faudra qu’ils aient le cœur brûlant. Le seul point sur lequel les Évangiles tiennent à être clairs, c’est pour dire que le Christ ressuscité n’est pas un pur esprit, qu’il mange, qu’il marche, qu’on peut le toucher.

Je ne vais pas vous révéler aujourd’hui la clé du mystère, qui le pourrait ?  … Saint Paul parle de « corps spirituel » ce qui n’est pas tellement plus clair, et même en soi paradoxal. Le propre d’un mystère c’est qu’on peut toujours intellectuellement y réfléchir, mais qu’on ne pourra jamais l’épuiser. Il y a entre la Résurrection et nous la barrière de la mort que nous n’avons pas franchie. Et même si les expériences de mort imminente, dont on a désormais de nombreux témoignages, restent à cet égard parlantes, elles ne sont pas à proprement parler une Résurrection des corps mais bien un retour à la vie teinté de visions de l’Au-delà. Le mystère restera mystère tant que nous-mêmes ne l’aurons pas vécu. Seul le Ressuscité, quand il vient à nous, peut nous révéler ce qu’est la résurrection. Mais on tombe alors sur d’autres mystères, celui de la Présence réelle dans l’Eucharistie ou celui de l’Église comme Corps du Christ.

On n’épuisera pas ici le mystère de la Résurrection, mais nous savons que les mauvaises pensées tuent le corps, que la chair souffre d’idées sombres, que nos corps s’affaiblissent sous le poids de la douleur et du chagrin, que certains meurent de malheurs et de dépression. Tous, nous nous rendons compte de l’incidence d’esprits mauvais sur notre corps ; tous nous savons qu’il y a des mots qui blessent et tuent.

Si tout ce qui nous plonge dans la ténèbre a un réel impact sur notre santé, sur notre corps, alors je crois aussi que toute parole d’amour nous ressuscite, nous redonne de la vigueur et nous retisse de l’intérieur. Je crois que les corps se régénèrent et finalement ressuscitent à force d’amour.

Je crois que toutes ces morts qui sont en nous – tous nos chagrins, nos deuils, nos souffrances, nos blessures et aussi notre propre péché – peuvent se voir ressuscitées à force d’amour. Et je crois en l’absolue force d’amour de Dieu.

Comme d’autres ici, j’y crois parce que le Christ m’a déjà ressuscité de ténèbres abyssales. Alors que je dépérissais de chagrin, il m’a ramené à la vie – une toute autre vie. Alors oui, je crois que Dieu peut nous ressusciter d’entre les morts. Corps et âme. Par amour et pour l’éternité.

 

La Cène du Seigneur

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 14/04/22
Temps liturgique: Triduum pascal
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Le Jeudi Saint, la veille de sa mort, Jésus a non seulement pris un dernier repas avec ses disciples, mais il leur a aussi lavé les pieds.  C’est extraordinaire ! Non seulement Jésus a voulu donner sa vie pour ses amis, mais il a voulu leur laver les pieds, comme un esclave le ferait pour son maître ou pour un hôte de qualité.  Il faut dire que laver les pieds de quelqu’un d’autre n’est pas une tâche agréable.  Et pourtant ce n’est rien en comparaison de ce que les parents font tous les jours avec leurs enfants en bas âge.  Ils doivent changer leurs langes, de jour comme de nuit, et même le dimanche midi au milieu d’un repas de famille.  Beaucoup d’hommes et de femmes accomplissent ainsi des tâches ingrates.  Ce sont les infirmières et les aides-soignantes qui nettoient les malades.  Ce sont aussi beaucoup d’adultes qui prennent en charge leurs parents à la maison.  Ce sont également des parents qui s’occupent de leur grand garçon trisomique ou paralysé.  C’est tous les jours, pendant des années, et même parfois pendant toute leur vie que ces personnes consacrent leur temps dans ce service humble et pas toujours amusant.  Aujourd’hui c’est un peu pour eux aussi que nous célébrons cette fête du Jeudi Saint.  Ils réalisent tous les jours ce que le Christ a lui-même accompli le dernier soir de sa vie.

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La Cène du Seigneur

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 14/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Le jeudi saint est traditionnellement le jour où nous célébrons l’institution de l’Eucharistie. Et paradoxalement, nous lisons le seul Évangile – celui de Jean – qui n’en fait pas mention. Il n’y pas les paroles « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang » dans Jean. A la place, à l’occasion de la dernière Cène, on trouve le récit du lavement des pieds.

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Dimanche des Rameaux

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 10/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Il y a une petite personne qu’on oublie souvent pendant la lecture de la passion : c’est Simon de Cyrène.  Il fait partie de cette multitude personnages qui, dans la Bible, rendent de petits services et disparaissent aussitôt.  C’est comme la veuve de Sarepta qui a donné à manger à Elisée alors que c’était la famine et qu’elle-même n’avait plus qu’un peu de farine pour cuire une galette.  Il y a cette esclave juive qui a donné à son maître, un Syrien, un païen, l’adresse d’Elisée pour qu’il puisse guérir de la lèpre.  N’oublions pas Joseph.  Il ne dit rien dans l’Evangile, mais c’est lui qui accepte Marie comme elle est, c’est-à-dire enceinte, et il éduque l’enfant, comme s’il était le sien.  la Bible ne dit pas grand-chose à propos de ces personnages.  Elle dit tout simplement ceci : ce sont des gens qui ont rendu service.

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Dimanche des Rameaux

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 10/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Il y a un dicton qui dit : c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis, qui souligne la superficialité de certaines de nos relations. Peut-être avez-vous déjà pu vérifier qu’à mesure que s’accumulent les problèmes, on est de moins en moins soutenu, de plus en plus délaissé. Quand le malheur s’abat sur quelqu’un, il se trouve dans son entourage des gens pour lui tourner le dos, ou se défiler quand il sollicite de l’aide.

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Cinquième dimanche de Carême

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 4/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

            Voilà une scène qui apparaît choquante : une femme adultère est menacée de mort et on ne dit rien à propos de son complice.  Celui-ci aurait-il été pardonné et la punition serait-elle réservée à la femme ? Non, c’est beaucoup plus simple que cela : l’homme a déjà été mis à mort.  Dans la loi juive, pas de discussion pour l’homme : il est coupable et fautif.  Il doit mourir.  Pour la femme, il y a un doute : peut-être a-t-elle été forcée, soit physiquement, soit psychologiquement, à aller avec un homme.  C’est pourquoi les pharisiens posent cette question à Jésus : que faut-il faire de cette femme ? Que peut répondre Jésus ? Il ne connaît pas cette femme, ni son histoire, ni les circonstances de cet adultère.  Quoi qu’il dise, il y aura toujours un pharisien pour lui dire qu’il n’y connaît rien et qu’il dit des bêtises.  Et d’ailleurs, qu’est-ce que Jésus pourrait dire ? Les pharisiens sont excités.  Ils ne peuvent rien entendre.  Ils sont trop énervés pour réfléchir, pour peser le pour et le contre.  Toute la foule est là.  Elle veut du sang.  Elle veut la mort de cette femme.  Tout le monde crie qu’elle est coupable et qu’elle mérite la mort. 

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5ème dimanche du Carême

Auteur: Jean-Bertrand Madragule
Date de rédaction: 3/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Le journaliste et romancier allemand Werner Bergengruen raconte dans son roman « Le filet » l’histoire suivante : dans un village de pêcheurs en Italie situé sur une île, une loi non écrite s’applique. Une femme surprise en flagrant délit d’adultère est précipitée dans la mort du haut d’un rocher.

Plus tard, des hommes du village surprennent de nouveau une femme en situation d’adultère. La femme accusée se voit accorder un court délai pour qu’elle puisse parler une dernière fois à son mari. Mais le mari n’est pas à la maison et ne revient pas non plus avant l’expiration du délai. Le jugement est donc exécuté sans pitié.

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Cinquième dimanche de Carême

Auteur: Laurent Mathelot
Date de rédaction: 3/04/22
Temps liturgique: Temps du Carême
Année liturgique : C
Année: 2021-2022

Le passage de l’Évangile de ce dimanche qui relate l’histoire de la Femme adultère est le seul du Nouveau Testament qui mentionne que Jésus écrive. Par deux fois, Jésus se baisse et écrit sur le sol. Ce n’est pas tant le fait que Jésus sache lire et écrire qui importe ici – c’était le cas de beaucoup de ses contemporains juifs. Le détail qui importe ici c’est que Jésus écrive par deux fois. Ce n’est pas anodin. C’est même la clé de compréhension du texte.

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