26ème dimanche du temps ordinaire (A)

En entendant la phrase « un homme avait deux fils », peut-être vous êtes-vous intérieurement dit « nous allons entendre la parabole du fils prodigue et de son frère aîné ».  Et puis, vous vous êtes laissés surprendre par cette autre parabole qui ne se trouve que dans l’évangile de Matthieu.  Je dois vous avouer que c’est ce qui m’est arrivé en préparant cette célébration.  Je me suis alors rendu compte que je m’étais fourvoyé à cause des traducteurs.  En effet, dans le texte original en grec, il n’est pas écrit « un homme avait deux fils » mais bien « un homme avait deux teknon, c’est-à-dire deux enfants, deux petits ».  Cette erreur de traduction risque alors de donner un tout autre sens à cette parabole proposée par le Christ.

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24ème dimanche du temps ordinaire (A)

« Combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois ».  Avec une telle réponse, nous découvrons à nouveau que le pardon est une dimension fondamentale de la vie chrétienne. 

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24ème dimanche du temps ordinaire (A)

« Prends patience avec moi, je te rembourserai » dit le serviteur de la parabole… Reconnaissons que cette réaction est dérisoire si on connait la somme en jeu ! Il est en réalité impossible de rembourser une telle dette ! Comme dans beaucoup d’autres récits d’Évangile, nous tombons ici encore dans l’exagération, pour  nous ouvrir à la démesure de Dieu.

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23ème dimanche du temps ordinaire (A)

"N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. (…) Donc, le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour », nous dit saint Paul dans sa Lettre aux Romains.  Qu’entend-il donc par la dette de l’amour mutuel.  Sommes-nous par définition des êtres endettés ?  N’est-il pas étonnant d’entendre un vocabulaire économique en lien avec l’amour ?  Ceci est d’autant plus étonnant que l’on m’a toujours dis que l’amour était gratuit.  Alors, si l’amour est vraiment gratuit, comment puis-je envisager d’avoir une dette de l’amour mutuel ? 

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22ème dimanche du temps ordinaire (A)

Dans mes expériences professionnelles antérieures, j’ai rencontré souvent des situations surprenantes. Dans mon ancienne paroisse, je préparais souvent les messes du dimanche avec des équipes de jeunes et parfois des jeunes adultes. Il arrivait souvent que l’équipe trouvait une lecture inacceptable parmi les textes liturgiques proposés, car disaient-ils, elle est d’un autre temps, ou incompréhensible, et dans ce cas, ils demandaient de changer, de le remplacer par un texte souvent laïc plus clair ! C’est vrai que certains ont vite fait de gommer toutes les aspérités de l’évangile : un Jésus cool, un credo minimum, des temps forts où on s’éclate, des temps de prière chaleureux. On prend ce qui fait du bien, on laisse ce qui dérange, on applaudit par exemple le Pape super-star mais évidemment il est trop vieux pour avoir quelque chose à dire sur notre vie personnelle, etc. Cet évangile qui semble faire l’apologie de la souffrance en nous invitant à porter la croix et à suivre Jésus, aurait pu passer à la trappe!

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20ème dimanche du temps ordinaire (A)

On dira ce qu’on veut, mais ce qui est clair, c’est que les disciples n’ont que ce mot-là à la bouche : « apoluson » par-ci, « apoluson » par-là.  Rappelez-vous il y a quinze jours, lorsque nous avons entendu le récit du partage des cinq pains et des deux poissons, ils avaient déjà dit à Jésus « apoluson ».  Et voilà qu’ils en remettent une couche aujourd’hui. Une fois encore, ils Lui disent « apoluson », c’est-à-dire « renvoie-la » pour la cananéenne et il y a deux semaines « renvoie-les » pour la foule dans le désert.  Vraiment peu accueillants ces disciples.  Pas le genre de personnes avec lesquels j’aurais envie de passer du temps. Vraiment, « apoluson » par-ci, « apoluson » par-là !   Quelle image nous donne-t-il d’eux-mêmes.

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19ème dimanche du temps ordinaire (A)

Qui, dans l’évangile que nous venons d’entendre, marche sur les eaux ? Vous me répondrez spontanément Jésus, bien entendu. Mais cette réponse est évidemment incomplète car nous oublions un peu vite que, dans ce récit, Pierre marche également sur les eaux ! « Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus » nous dit l’évangéliste. Pierre s’aventure donc hors de la barque, hors de ses sécurités, hors du groupe, et il marche un moment sur les eaux. Il parvient un temps à ne pas se laisser engloutir par les forces du mal. Tant que Pierre n’est pas gagné par la peur, il marche donc lui aussi sur la mer... Dans le récit que nous venons d’entendre, c’est lorsque Pierre prend peur qu’il commence à couler…

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18ème dimanche du temps ordinaire (A)

On dira ce qu’on veut, mais ce qui est clair, c’est que les disciples n’ont que ce mot-là à la bouche : « apoluson » par-ci, « apoluson » par-là.  Rappelez-vous il y a quinze jours, lorsque nous avons entendu le récit du partage des cinq pains et des deux poissons, ils avaient déjà dit à Jésus « apoluson ».  Et voilà qu’ils en remettent une couche aujourd’hui. Une fois encore, ils Lui disent « apoluson », c’est-à-dire « renvoie-la » pour la cananéenne et il y a deux semaines « renvoie-les » pour la foule dans le désert.  Vraiment peu accueillants ces disciples.  Pas le genre de personnes avec lesquels j’aurais envie de passer du temps. Vraiment, « apoluson » par-ci, « apoluson » par-là !   Quelle image nous donne-t-il d’eux-mêmes.

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18ème dimanche du temps ordinaire (A)

Ayant appris une triste nouvelle, le superhéros Superman décida de se retirer dans le désert du Névada.  Superman étant un superhéros, il se devait d’être américain.  Mais ses admirateurs l’ayant appris décidèrent de le rejoindre.  Tout comme l’histoire de l’évangile que nous venons d’entendre, les admirateurs américains n’avaient pas songé à prendre à manger et à boire avec eux.  La nuit commençait à tomber et la faim et la soif se firent sérieusement ressentir.  Superman fut alors pris de compassion pour toute ces foules.  Il décida d’enfiler son costume de superhéros et survola de lui-même jusqu’à Las Vegas, repéra un supermarché et comme il est vraiment très fort, prit dans ses bras toutes les victuailles nécessaires pour nourrir toutes la foule.  Il faut dire qu’ils étaient très nombreux: plus de vingt mille personnes car, dans son comptage, la police avait intégré les femmes et les enfants.  Comble de bonheur, ils eurent à manger à satiété. 

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16ème dimanche du temps ordinaire (A)

Voici encore trois paraboles sur la construction lente et patiente du Royaume de Dieu. Je voudrais m’attarder sur la parabole du Semeur, ce Semeur généreux, semeur à tous vents !déjà entendue dimanche dernier ! Aujourd’hui ce Semeur doit faire preuve de sagesse face à un nouveau problème dans son champ. Un adversaire a tenté de saboter sa semence en semant de nuit l’ivraie (la zizanie). Lorsque les jeunes pousses sortent de terre, on s’aperçoit qu’elles sont mélangées à l’ivraie, herbacée particulièrement nuisible aux céréales. Que faut-il faire ? Voilà la question ! Nous sommes souvent embarrassés devant les choix à faire. Faut-il éliminer, extirper l’ivraie…Cette réponse est néfaste, nous dit l’évangile, car alors on risque de tout détruire, à la fois l’ivraie et le blé. 

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16ème dimanche du temps ordinaire (A)

Il y a quelques jours, j’ai senti monter en moi le désir de lire un roman, précisément parce que celui-ci était absent de la bibliothèque de notre couvent, et qu’il venait d’être emprunté… Le simple fait que ce livre ait été prêté a fait grandir en moi mon désir de lire ce livre plutôt qu’un autre ! L’expérience est classique et ce mécanisme —le désir mimétique— décrit par l’anthropologue René Girard est relativement bien connu. Il y a un désir au fond de nous, qui peut croître en fonction du désir de l’autre. Nous le savons, le désir de l’autre ravive le nôtre. Il suffit parfois qu’un objet soit désiré pour qu’il devienne l’objet de mon désir. C’est dans ce mécanisme-là, dans cette convoitise et cette imitation, que René Girard place les racines de la violence, du mal entre les humains.

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15ème dimanche du temps ordinaire (A)

Avez-vous remarqué que —du point de vue de la rentabilité— il n’y a pas pire investisseur que le semeur de cet évangile ! Il ne fait aucune distinction entre les terrains ! Il sème à tous vents, sans prêter attention au résultat possible, sans penser à choisir le meilleur terrain, le plus rentable, le plus fertile ! Il jette du grain partout, sans peur de le gaspiller. N’est-ce pas l’attitude de Dieu envers nous ? Il donne, inconditionnellement, envers et contre tout, sans tenir compte de nos mérites, sans mettre les humains dans des catégories… Oui, Jésus, envoyé du Père, est venu dans le monde pour semer sa parole. Et il la sème partout car il veut que cette parole atteigne tous les cœurs.

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