4ème dimanche de l'Avent (année A)

Auteur: Philippe Henne
Date de rédaction: 22/12/19
Temps liturgique: Avent
Année liturgique : A
Année: 2019-2020
Textes : Lectures du 3ème dimanche de l'Avent (année A)

Joseph n’est pas gâté par Dieu dans l’histoire du salut.  C’est tout d’abord un homme qui a un enfant qui n’est pas à lui et en plus il est moins bien traité que Marie.  Marie a droit à une apparition ; Joseph, lui, doit se contenter d’une vision.  Une vision, c’est quoi ? C’est comme un mauvais rêve.  C’est comme pharaon qui voit sept vaches maigres sortir du Nil et manger les sept vaches bien grasses qui en étaient tout d ‘abord sorties.  C’est comme Nabuchodonosor qui voit une grande statue au pied d’argile qui est soudain renversée par une pierre tombée du ciel. 

C’est à cela que Joseph a droit : une vision, une espèce de mauvais rêve.  Mais Marie, elle, a droit à une apparition, c’est-à-dire à une visite privée venue du ciel.  La mère de Samson a eu ce genre de visite, mais c’était un ange.  Abraham a reçu la visite de trois anges venus le voir sous le chêne de Mambré.  Mais ce n’était que des anges, tandis que Marie a droit à la visite d’un archange, un ange de catégorie supérieure. 

            Et c’est vrai qu’il y a toute une différence entre Marie et Joseph. Quand on pense à Marie, on pense à quelqu’un de lumineux.  Elle paraît toute blanche et rayonnante, tandis que Joseph paraît bien triste et comme tout gris.  Il paraît être comme la terre d’où nous sommes tous issus, quelqu’un de lourd et de sombre.  Si Marie paraît toute claire et rayonnante, c’est parce qu’elle est pleine de grâce.  Elle est déjà rayonnante de la présence de Dieu dans sa vie et dans son cœur.  Elle est déjà c que nous sommes appelés à devenir : des êtres transfigurés par l’amour de Dieu dans notre cœur.  Tandis que nous sommes comme Joseph, en route, en chemin vers cette plénitude de lumière.

            Mais il y a déjà quelques touches de lumière chez Joseph.  Ce sont les copeaux de bois qui sont sur sa vareuse.  Car Joseph est un menuisier et il travaille le bois.  Et c’est par son travail qu’il nourrit Marie et Jésus.  Car, oui, si Marie a donné la vie à Jésus, Joseph est celui qui a permis à Jésus de grandir et de se développer.  Et c’est là sans doute le mystère que nous sommes invités à méditer dans notre vie professionnelle comme dans notre vie de tous les jours : en quoi cela permet-il à Dieu de grandir dans notre vie, dans notre monde ? Notre travail n’est pas indifférent pour le sort du monde.  Nous le voyons avec l’évolution de notre planète, la terre, mais cela est également visible dans l’édification d’une société plus belle, plus juste, plus humaine.  Oui, ce sont les copeaux de bois sur la blouse de travail de Joseph.  Ce sont comme des petites taches de lumière sur la couleur parfois triste de notre vie. 

            Oui, Joseph n’a pas été gâté par Dieu, il n’a eu droit qu’à une petite vision, mais il a eu la chance d’accomplir une des plus belles missions sur le monde : permettre à Jésus de grandir et de se développer.  Et cela, c’est tout un programme.